Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/42

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Si nous pouvions coloniser un petit coin d’une terre libre ! L’exil ne serait plus l’exil. Je fais ce rêve.

Mettez-moi aux pieds de madame Paul Meurice. Je suis à vous profondément.

Victor Hugo.
19 xbre, Bruxelles.


À Adèle[1].


Bruxelles, 19 xbre [1851].

Ma bien-aimée petite Adèle, tu m’as écrit une charmante lettre. Merci de la fleur, elle sentait encore bon ; il m’a semblé, chère enfant, que tu m’envoyais ton âme.

Ta mère retourne près de toi[2], près de vous tous. Elle est bien heureuse ! Moi je vais vivre seul, proscrit, dans le nord, dans le brouillard, dans le travail sans relâche. Je me donnerai des forces en pensant à vous.

C’est pour vous que je vais travailler, c’est pour toi, ma fille chérie. Les temps rudes que tu m’entendais prédire quelquefois sont arrivés, tu t’en ressentiras toi-même peut-être un peu, mon enfant, quoique j’aie tout fait pour toucher le moins possible à votre bien-être, soyons tous forts, soyons tous unis. C’est là le vrai bonheur que toutes les catastrophes extérieures n’ôtent pas aux cœurs vrais et profonds.

Courage, chère enfant bien-aimée. Quelque chose me dit qu’avant peu nous nous reverrons tous. Je t’embrasse sur les deux joues. Écris-moi[3].


À Madame Victor Hugo[4].


Bruxelles, 21 xbre [1851]..

Chère amie, je reçois ta lettre et j’y réponds tout de suite. Ce mot te sera porté par un jeune homme plein de cœur, M. Fossard, avocat. Reçois-le comme un ami, car bien que je ne l’aie vu que quelques instants, il y avait

  1. Inédite.
  2. Mme Victor Hugo était allée passer quelques jours à Bruxelles.
  3. Bibliothèque Nationale.
  4. Inédite.