Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/19

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bon pour le prendre chez Michel Lévy, et si vous voulez être tout à fait charmant, vous viendrez dîner ce soir dimanche à sept heures et demie avec nous rue Pigalle ; je voudrais vous faire rencontrer avec Vacquerie et Meurice, qui seront des nôtres. Cher confrère, cher maître, cher ami, venez !

V. H.[1]


À Madame Edmond Adam.


2 avril 1874.
Madame,

Je vous envoie sous ce pli, en un bon sur la maison Hachette payable le 15 avril, les 1 000 fr. que j’ai mis à votre disposition pour la souscription relative à notre ami Rochefort[2].

Comme je vous l’ai dit, et comme j’eusse voulu le dire à mon cher et vaillant Edmond Adam, j’aurais cru l’occasion bonne pour une grande protestation publique contre l’état de siège, les tribunaux d’exception, et l’iniquité qui a frappé Rochefort. On me fait remarquer que les vacances et la dispersion de la gauche rendent cela difficile et peut-être impossible. Je le regretterais. Nos amis en décideront.

Je serre les mains cordiales d’Edmond Adam et je mets à vos pieds, Madame, tous mes hommages et tous mes respects.

Violation de la loi. Tant mieux. Violer une mauvaise loi est toujours bon[3].


À Gustave Flaubert.


5 avril.

Un philosophe qui est un charmeur : vous êtes cela. Votre livre est plein comme une forêt ; j’aime cette ombre et cette clarté. La haute pensée et la grande prose, ce sont les deux choses que j’aime ; je les trouve en vous. Je vous lis et je vous relirai. À bientôt, je viendrai vous voir.

Votre ami.
Victor Hugo[4].
  1. Archives Spoelberch de Lovenjoul.
  2. Pour aider à l’évasion de Rochefort.
  3. Choses vues tome II.
  4. Publiée aux Notes de La Tentation de saint Antoine. Édition Conard, 1874.