Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/20

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À Charles Monselet.


14 avril.

Je m’ennuie. De quoi ? de ne pas vous voir. Quel bête de déménagement ! Comme c’est long ! Voulez-vous venir tout de même dîner avec moi ? quel jour ? samedi. Toujours rue Pigalle, car la rue de Clichy ressemble à Délos : elle flotte à l’horizon et a l’air de s’éloigner quand on s’approche. Telle est la magie des tapissiers.

C’est égal, mon charmant confrère, nous comptons sur vous samedi 18.

Ex intimo corde.

V. H.[1]


À Victor Schœlcher.


1er mai 1874.
Mon honorable et cher concitoyen,

Je suis en deuil et je serais de trop dans une fête[2]. Vous et vos amis, qui sont les miens, vous comprendrez mon absence et vous l’excuserez. Mais ma pensée et mon cœur seront avec vous. Toute mon âme est à la liberté.

Votre ami,
Victor Hugo[3].


À Gustave Rivet.


Paris, 3 mai 1874.

Hélas, vaillant poëte, que vous dire[4] !

Cette heure-ci a deux profils : le profil traître et le profil lâche.

Vous étiez mal vu des deux, vous, le talent loyal et le cœur intrépide.

Courage, pourtant. Je causerai ce soir de vous, avec Vacquerie. Je vous serre la main[5].

  1. Charles Monselet. — Mes souvenirs littéraires.
  2. Schœlcher avait organisé une manifestation pour commémorer l’abolition de l’esclavage et avait invité Victor Hugo au banquet, qui eut lieu le 5 mai 1874.
  3. Copie reliée au manuscrit des Documents.
  4. Gustave Rivet, professeur à Dieppe, venait d’être révoqué.
  5. Paris-Midi.