Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/216

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Tes neveux iront te voir un de ces jours et offrir leurs hommages à leur tante. En attendant, tâche donc de m’envoyer un mot que je puisse transmettre à M. Libri et qui lui montre que j’ai fait mon possible dans cette affaire[1].

Mille bonnes amitiés. Ex imo corde.

V.[2]


À Monsieur Grandfort[3].


[Juillet 1848.]

Vous avez raison de vous plaindre, monsieur, mais je vais vous dire. Tous les jours, douze ou quinze pauvres artistes et gens de lettres, sans pain, me font l’honneur de s’adresser à moi. Je fais ce que je puis, je ne leur donne guère plus de vingt sous à chacun, cela les humilie tous et cela les soulage tous.

Hélas ! que faire ? nous sommes dans un temps où celui qui fait l’aumône aujourd’hui sera peut-être forcé de la demander demain.

Il ne faut pas regarder ce qu’on donne, mais de quel cœur on donne. Je n’ai que le bon cœur, mais tenez-m’en compte. Moi aussi, je serais charmé de vous voir, votre tour d’esprit me plaît et votre situation douloureuse me touche vivement. Mais je suis aussi pauvre d’argent que de temps, je peux, à la rigueur, donner vingt sous, il m’est impossible de donner vingt minutes. C’est pour cela que je vous disais : écrivez-moi.

Je n’ose vous dire venez, car j’appartiens à l’Assemblée et aux affaires publiques et mes travaux commencent à 8 heures du matin pour finir à minuit. Écrivez-moi, monsieur, et comptez sur ma vive et sincère et cordiale sympathie[4].


À Paul Meurice[5].


2 8bre.

Cher poëte, j’ai chargé mon fils de vous dire ce que j’ai fait hier pour notre croix d’officier[6]. Le rapport de M. Walewsky est excellent. Je crois avoir fort adouci et retourné Ch. D. qui avait sur la chose une sorte de parti

  1. L’affaire Libri date de 1848 (voir Choses Vues), mais il y eut peut-être une enquête préliminaire.
  2. Communiquée par M. le baron de Villiers.
  3. Inédite. — Réponse au verso d’une lettre, datée 18 juillet 1848 et signée Grandfort.
  4. Communiquée par la librairie Cornuau.
  5. Inédite.
  6. Sollicitée par Froment-Meurice, orfèvre, demi-frère de Paul Meurice.