Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/102

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et mélancolique tombait du haut de la grande tour, c’était le son aérien et affaibli d’une trompe, deux soupirs seulement. Puis le repos de la ville recommençait pour une heure. Cette trompe, c’était la voix du guetteur de nuit.

Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II p102.jpg


Moi, j’étais là, seul éveillé avec cet homme, ma fenêtre ouverte devant moi, avec tout ce spectacle, c’est-à-dire tout ce rêve, dans les oreilles et dans les yeux. J’ai bien fait de ne pas dormir cette nuit-là, n’est-ce pas ? Jamais le sommeil ne m’aurait donné un songe plus à ma fantaisie.

Eh bien ! ce rêve est fortifié. Mons est une citadelle ; et une citadelle plus forte qu’aucune des nôtres. Il y a huit ou dix enceintes avec autant de fossés autour de Mons. En sortant de la ville on est rejeté, pendant plus d’un quart d’heure, de passerelles en ponts-levis, à travers les demi-lunes, les bastions et les contrescarpes. Ce sont les anglais qui ont mis cette chemise à la ville pour le jour où nous aurions le caprice de nous en vêtir.