Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/365

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Cette église est maussade ; le vieux Pasages est triste. Rien n’est moins d’accord : La maussaderie est la tristesse de ce qui est petit. Le vieux Pasages a de la grandeur.

Vous voyez, mon ami, que ma promenade du matin n’est pas inoccupée. Cette promenade faite, je rentre, je déjeune, et je m’en vais par les chemins des rochers. Je donne le matin à la ville et le jour à la montagne.

Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II p365.jpg


Je monte dans la montagne par des escaliers perpendiculaires, aux marches très hautes et très étroites, solidement maçonnés dans l’escarpement et mêles à la rude végétation du rocher. Quand on est au haut d’un escalier, on en trouve un autre. Ils s’ajoutent ainsi bout à bout et s’en vont vers le ciel, comme ces effrayantes échelles qu’on voit trembler dans les architectures impossibles et mystérieuses de Piranèse. Cependant les échelles de Piranèse s’enfoncent dans l’infini, et les escaliers de Pasages ont une fin.

Quand je suis au haut des escaliers, je trouve d’ordinaire une corniche, un sentier de chèvres, une manière de gouttière pratiquée par les torrents et