Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Philosophie, tome II.djvu/624

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On a pu mesurer la distance de quarante étoiles seulement sur cent millions que voit le télescope.

Quels que soient ces univers, éblouissants ou ténébreux, glacés ou incendiés, de l’ensemble de leur phénomène une forme_ protozoïque quelconque se dégage. Ébullition et congélation vivent. Ô vie ! ô loi !

La vie astrale résulte d’un mystérieux réseau de magnétismes.

Elle se distribue dans toutes les sphères du possible en quantités inconnues.

Ici le principe plutonien, là le principe neptunien. Sombres équilibres mêlés de chaos et de déluges. La vie surnage. La vie s’échange.

Qui sait s’il n’y a point un pollen des étoiles ?

La solidarité ne peut être la loi des âmes sans être la loi des mondes.

Pourtant, disons-le, la vie, une au point de départ, est diverse au point d’arrivée.

Nous voyons ces mondes. Ils sont ; donc ils vivent. Quelle est leur faune ? Quelle est leur flore ? Ont-ils, comme nous, des végétaux dont la respiration, analogue le jour à la respiration de l’homme, devient inverse la nuit ? Leur milieu ambiant ressemble-t-il au nôtre ? Leur fluide respiratoire est-il de l’air ? Leur liquide potable est-il de l’eau ? Pas de réponse à ces questions.

H faut pour mûrir l’orge douze cents degrés de chaleur accumulée, pour le blé deux mille, pour la vigne trois mille. Qu’est-ce que cela prouve ? Rien, sinon le mode de vie propre à la terre.

Chaque globe a une gamme complète de climats. Ses climats ne sont bons que pour lui.

Les données de la vie universelle ont toutes les combinaisons des logarithmes.

La vie de chaque monde, son aspect, sa surface,, toute la création qui lui est propre, résulte d’un coup d’autorité de sa nature spécifique.

Où est-il placé dans l’espace ? cette question résout toutes les autres. Le lieu fait l’être.

Aux affinités ajoutez les influences.

Les nutations de tous les axes de toutes les sphères, obéissant à des magnétismes obscurs, modifient dans l’étendue la vie incommensurable.

Dieu seul est seul.

Les soleils sont ensemble. Leur lumière, chimiquement diverse, va de