Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/196

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Il consume Ilion par la main de Pâris.
Toi, fuis de belle en belle, et change avec leurs charmes.
L’Amour n’enfante que des larmes ;
Les Amours sont frères des Ris !

LA HARPE

L’Amour divin défend de la Haine infernale.
Cherche pour ton cœur pur une âme virginale ;
Chéris-la, Jéhovah chérissait Israël.
Deux êtres que dans l’ombre unit un saint mystère
Passent en s’aimant sur la terre,
Comme deux exilés du ciel !

LA LYRE

Jouis ! c’est au fleuve des ombres
Que va le fleuve des vivants.
Le sage, s’il a des jours sombres,
Les laisse aux dieux, les jette aux vents.
Enfin, comme un pale convive,
Quand la mort imprévue arrive,
De sa couche il lui tend la main ;
Et, riant de ce qu’il ignore,
S’endort dans la nuit sans aurore,
En rêvant un doux lendemain !

LA HARPE

Soutiens ton frère qui chancelle,
Pleure si tu le vois souffrir ;
Veille avec soin, prie avec zèle,
Vis en songeant qu’il faut mourir.
Le pécheur croit, lorsqu’il succombe,
Que le néant est dans la tombe,
Comme il est dans la volupté ;
Mais quand l’ange impur le réclame,