Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/239

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Sur l’asile qui te réclame,
Ne lis-tu pas ton nom en mots mystérieux ?


Éphémère histrion qui sait son rôle à peine,
Chaque homme, ivre d’audace ou palpitant d’effroi,
Sous le sayon du pâtre ou la robe du roi,
Vient passer à son tour son heure sur la scène.


Ne foule pas les morts d’un pied indifférent ;
Comme moi, dans leur ville il te faudra descendre ;
L’homme de jour en jour s’en va pâle et mourant ;
Et tu ne sais quel vent doit emporter ta cendre.


Mais devant moi ton cœur à peine est agité !
Quoi donc ! pas un soupir ! pas même une prière !
Tout ton néant te parle, et n’est point écouté !


Tu passes ! — en effet, qu’importe cette pierre ?
Que peut cacher la tombe à ton œil attristé ?
Quelques os desséchés, un reste de poussière,
Rien peut-être, — et l’éternité !


1823