Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/240

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Un chant de fête de Néron

À M. le comte Alfred de V.


Nescio quid molle atque facetum. HORACE.


 
Amis ! l’ennui nous tue, et le sage l’évite !
Venez tous admirer la fête où vous invite
Néron, César, Consul pour la troisième fois ;
Néron, maître du monde et dieu de l’harmonie,
Qui, sur le mode d’Ionie,
Chante, en s’accompagnant de la lyre à dix voix !

Que mon joyeux appel sur l’heure vous rassemble !
Jamais vous n’aurez eu tant de plaisirs ensemble,
Chez Pallas l’affranchi, chez le grec Agénor ;
Ni dans ces gais festins, d’où s’exilait la gêne,
Où l’austère Sénèque, en louant Diogène,
Buvait le falerne dans l’or ;

Ni lorsque sur le Tibre, Aglaé, de Phalère,
Demi-nue, avec nous voguait dans sa galère,
Sous des tentes d’Asie aux brillantes couleurs ;
Ni quand, au son des luths, le préfet des Bataves