Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/258

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Mais si ma jeune vie, à tant de flots livrée,
Si mon destin douteux t’inspire un juste effroi,
Alors fuis, toi qui fus mon épouse adorée ; -
Toi qui fus ma mère, attends-moi.


Bientôt j’irai dormir d’un sommeil sans alarmes,
Heureux, si dans la nuit dont je serai couvert,
Un œil indifférent donne en passant des larmes
A mon luth oublié, sur mon tombeau désert !


Toi que d’aucun revers les coups n’osent t’atteindre !
Et puisses-tu jamais, gémissant à ton tour,
Ne regretter celui qui mourut sans se plaindre,
Et qui t’aimait de tant d’amour !


décembre 1821