Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/294

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Promenade


Ni dans la grande salle, ni dans la chambre peinte, mais dans le riant et vert bocage, parmi les lys en rieur.
Ballade de Robin Hood.


Voici les lieux chers à ma rêverie,

Voici les prés dont j’ai chanté les fleurs...

Amable Tastu. La Lyre égarée.


Ceins le voile de gaze, aux pudiques couleurs,
Où ta féconde aiguille a semé tant de fleurs !
Viens respirer sous les platanes ;
Couvre-toi du tissu, trésor de Cachemir,
Qui peut-être a caché le poignard d’un émir,
Ou le sein jaloux des sultanes.


Aux lueurs du couchant vois fumer les hameaux.
La vapeur monte et passe ; ainsi s’en vont nos maux,
Gloire, ambition, renommée !
Nous brillons tour à tour, jouets d’un fol espoir ;
Tel ce denier rayon, ce dernier vent du soir
Dore et berce un peu de fumée.


A l’heure où le jour meurt à l’horizon lointain,
Qu’il m’est doux, près d’un cœur qui bat pour mon destin,
D’égarer mes pas dans la plaine !
Qu’il m’est doux près de toi d’errer libre d’ennuis
Quand tu mêles, pensive, à la brise des nuits
Le parfum de ta douce haleine !