Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/296

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Ces temples où jadis les jeunes chevaliers
Priaient, armés par leur marraine ;
Ces palais où parfois le poëte endormi
A senti sur sa bouche entr’ouverte à demi
Tomber le baiser d’une reine.


Mais rentrons ; vois le ciel d’ombres s’environner ;
Déjà le frêle esquif qui nous doit ramener
Sur les eaux du lac étincelle ;
Cette barque ressemble à nos jours inconstants
Qui flottent dans la nuit sur l’abîme des temps ;
Le gouffre porte la nacelle !


La vie à chaque instant fuit vers l’éternité ;
Et le corps, sur la terre où l’âme l’a quitté,
Reste comme un fardeau frivole.
Ainsi quand meurt la rose, aux royales couleurs,
Sa feuille, que l’aurore en vain baigne de pleurs,
Tombe, et son doux parfum s’envole !


12 octobre 1825