Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/297

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À Ramon, duc de Benav


Hélas ! j’ai compris ton sourire,
Semblable au ris du condamné
Quand le mot qui doit le proscrire
A son oreille a résonné
En pressant ta main convulsive,
J’ai compris ta douleur pensive,
Et ton regard morne et profond,
Qui, pareil à l’éclair des nues,
Brille sur des mers inconnues,
Mais ne peut en montrer le fond


"Pourquoi faut-il donc qu’on me plaigne ?
M’as-tu dit, je n’ai pas gémi ;
Jamais de mes pleurs je ne baigne
La main d’un frère ou d’un ami.
Je n’en ai pas. Puisqu’à ma vie
La joie est pour toujours ravie,