Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/145

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Colossal piédestal de Némésis debout,
Large, énorme, une larme, ô Dieu bon, le dissout ! 

Car les pleurs sont sacrés ; ils sortent, pur dictame. 
Les pleurs humains, du cœur, les pleurs divins, de l’âme ; 
Dès que, s’examinant soi-même, on se résout 
A chercher le côté pardonnable de tout,
Dès qu’on a rejeté l’amertume chagrine,
Le réel se dévoile, on sent dans sa poitrine 
Un cœur nouveau qui s’ouvre et qui s’épanouit. 

Un ange vit un jour les hommes dans la nuit ; 
Il leur cria du haut de la sereine sphère : 
— Attendez ; je vous vais chercher de la lumière. — 
Il revint apportant dans sa main la pitié.