Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/155

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De passions, d’instincts sauvages, d’appétits ; 
Il va sans savoir où de bataille en bataille ; 
Il allume une ville ainsi qu’un tas de paille ; 
Et la campagne en feu que brûle ce tueur 
Empourpre au loin les monts où rêve, à la lueur 
De tous ces tourbillons de flamme et d’étincelles,
Le vautour se fouillant du bec sous les aisselles. 
Puis la Victoire un jour fuit et le brise, après 
Qu’il a fait grandir l’ombre affreuse des cyprès.


*
Quoi ! parce qu’un malheur sera fait de puissance, D’autorité, d’orgueil sans borne, de licence, De luxe, de bonheur, vous ne le plaindrez pas ! Quoi ! parce qu’il verra d’en haut, et nous d’en bas ; Quoi ! parce qu’il aura le haut bout de la table , A gauche un chancelier, à droite un connétable, Parce que ce malheur, ivre, se croira Dieu, Parce que, formidable, il sera le milieu De tout un monde étrange, encens, festins, armées, Et, comme le bûcher, d’un gouffre de fumées, Parce qu’il aura, triste, une tiare au front, Tout ce respect fut-il plus fatal que l’affront, Ce palais fut-il plus lamentable qu’un bouge, Cet or rouge fût-il plus brûlant qu’un fer rouge, Comme cela s’appelle un roi, comme c’est né Fleurdelysé, béni, harangué, couronné, Dans un berceau semé d’abeilles, à Versailles, C’est bien, c’est le damné ; vous serez sans entrailles !
*
Regardez-les, sont-ils assez épouvantés ! Les Transtamares sont l’un par l’autre guettés,