Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/258

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AUTRE VOIX

Alors que feront-ils ?



AUTRE VOIX


Rien.



AUTRE VOIX


Tout.



AUTRE VOIX


Passez, nuages.



AUTRE VOIX

Tous vos azurs sont faux.



AUTRE VOIX


Moins faux que vos orages.



AUTRE VOIX

Oui, je te le redis, homme, malheur à toi
Si dans quelque docteur ton ignorance a foi !
Malheur à ton esprit s’il dit comme tant d’autres :
— Je questionnerai les savants, ces apôtres,
Et j’interrogerai les penseurs, ces devins ;
J’irai, j’approcherai les instructeurs divins,
Les poëtes dont l’aube éclaire les visages,
Les hommes lumineux du mystère, les sages,
Ces colonnes d’azur du temple de la nuit ! ―

Sache que nul n’enseigne et que nul ne conduit ;
Nul n’est colonne et rien n’est temple ; sache encore
Qu’Antisthène, Amphion, Pindare, Stésichore,