Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/353

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Qui disais en voyant un roi : Qu’est-ce que c’est ?
Montaigne, mon bon Michel que son père faisait
Éveiller le matin au son de la musique,
Diderot qui raillais tout le vieil art phtisique,
Ô libre Hoffmann, planant dans les rêves fougueux,
N’est-il pas désolant, dites, de voir ces gueux,
Tatoués de latin, de grec, d’hébreu, ces cancres
Dont l’âme prend un bain dans la noirceur des encres,
Exécuter l’enfance en leurs blêmes couvents !
Ne sont-ils pas hideux, ces faux docteurs, savants
À donner au progrès une incurable entorse,
Commençant par l’ennui pour finir par la force,
Du bâillement allant volontiers au bâillon,
Logiques, de Boileau concluant Trestaillon,
Vantant Bonald, couvrant de béates exergues
Piet, Cornet d’Incourt et Clausel de Coussergues,
Tâchant d’éteindre au fond des bleus éthers !
N’est-il pas monstrueux de voir ces magisters,
Casernés dans l’horreur de leur Isis occulte,
Poser sur l’avenir qui s’envole en tumulte
Avec l’emportement d’Achille et de Roland,
Ayant dans l’œil l’éclair de Vasco s’en allant
Ou de Jason partant pour la plage colchique,
Leur bâton de sergent instructeur monarchique,
Et crier aux esprits : À droite ! alignement !

Écolâtres, au fond de votre enseignement
Est Rome, enfermant l’âme en sa funèbre enceinte ;
Vous êtes les prévôts de la science sainte
D’où jaillissant Newton et Watt, les caporaux
De l’art divin qui vit vibrer Sienne et Paros ;
Le vil marais vous charme et votre œil le préfère ;
Vous feriez un étang, si l’on vous laissait faire,
De l’océan tordant ses flots sur les galets ;
En forgeant des pédants, vous créez des valets ;
En faisant le front bas vous faites l’âme basse ;
Qu’un de vos patients chuchote dans la classe,