Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/387

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Et si le mouvement que tu fais en rêvant
Te ramène en arrière ou te pousse en avant.
Ta science te rend stupide, non sans peine.
Ô leurre ! la clef fausse ouvre la porte vaine ;
Ta pensée est une ombre où tu restes béant.

Oui, chez toi tout, hélas, arrive à du néant,
La chimère au calcul, le fait à l'hypothèse,
Ce qu'il faut qu'on proclame à ce qu'il faut qu'on taise,
Le silence à l'ennui, la parole au bâillon,
La pourpre d'Aspasie ou d'Auguste au haillon,
La vie au noir cercueil, la plume à l'écritoire,
Les chiffres au zéro, les lettres à la gloire,
Et le savant au prêtre et le prêtre au savant.
Qu'est-ce donc que tu mouds, réponds, moulin à vent ?
Ta sagesse te fait castrat et te mutile.
L'homme, c'est l'impuissant fécondant l'inutile.