Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/120

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Oh ! toutes ces jeunes femmes,
Ces yeux où flambe midi,
Ces fleurs, ces chiffons, ces âmes,
Quelle forêt de Bondy !

Non, rien ne nous dévalise
Comme un minois habillé,
Et comme une Cydalise
Où Chapron a travaillé !

Ces jupes sont meurtrières.
La femme est un canevas
Que, dans l’ombre, aux couturières
Proposent les Jéhovahs.

Cette aiguille qui l’arrange
D’une certaine façon
Lui donne la force étrange
D’un rayon dans un frisson.

Un ruban est une embûche,
Une guimpe est un péril ;
Et, dans l’Éden, où trébuche
La nature à son avril,

Satan — que le diable enlève ! —
N’eût pas risqué son pied bot
Si Dieu sur les cheveux d’Ève
Eût mis un chapeau d’Herbaut.

Toutes les dix, sous les voûtes
Des grands arbres, vont chantant ;
On est amoureux de toutes ;
On est farouche et content.