Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/264

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« La marée âpre et sonore
Craint-elle son éperon ?
Connaît-il le météore ?
Comprend-il le moucheron ?

« L’homme aider Dieu ! lui, ce songe,
Ce spectre en fuite et tremblant !
Est-ce grâce à son éponge
Que le cygne reste blanc ?

« Le fait veut, l’homme acquiesce.
Je ne vois pas que sa main
Découpe à l’emporte-pièce
Les pétales du jasmin.

« Donne-t-il l’odeur aux sauges,
Parce qu’il sait faire un trou
Pour mêler le grès des Vosges
Au salpêtre du Pérou ?

« Règle-t-il l’onde et la brise,
Parce qu’il disséquera
De l’argile qu’il a prise
Près de Rio-Madera ?

« Ôte Dieu ; puis imagine,
Essaie, invente ; épaissis
L’idéal subtil d’Égine
Par les dogmes d’Éleusis ;

« Soude Orphée à Lamettrie ;
Joins, pour ne pas être à court,
L’école d’Alexandrie
À l’école d’Édimbourg ;