Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/207

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Gunich.

Il vous la faut toujours, partout, car elle m’a
supplante, cette dame, oui !


Gallus.

L’enfer te forma
de la laideur de l’homme et de la jalousie
de la femme.


Gunich.

Avouez, c’est une fantaisie,
c’est un caprice, on peut aimer par accident,
convenez avec moi votre vieux confident
qu’elle égratigne un peu votre âme.
à part, ricanant.
Une âme mûre !


Gallus.

Je n’ai point d’âme, oison, donc point d’égratignure.


Gunich.

Au fond, vous la prenez au sérieux.


Gallus.

Qui ? Moi !
J’en ris.


Gunich.

Vous affectez d’en rire. On voit pourquoi.
Vous êtes un dévot honteux de son église.
Vous vous cachez.


Gallus.

Nella m’échappant, j’ai pris Lise.
Je chassais, je cherchais des appas indulgents,
une charmeuse ayant pitié des pauvres gens,
un peu libre, un peu folle, ayant de la clémence.
Tombé sur des vertus par un hasard immense,
m’étant cassé le nez juste à l’escarpement
d’une vierge d’acier, d’ombre et de diamant,