Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/333

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Ciel, comme si j’étais traversé par la fibre
De la création !

Comme si tous les fils invisibles de l’être
Se croisaient dans mon sein que l’univers pénètre !
Comme si, par moment,
En moi, du front aux pieds, me mêlant au problème,
Le sombre axe infini qui passe par Dieu même
Tremblait confusément !

De sorte que je suis l’aimant de la nature,
Que la création m’emplit, moi créature,
Que Dieu coule en mon sang !
De sorte, ô ciel profond, que le zénith farouche
Se verse dans mon crâne, et que le nadir touche
Mon talon frémissant !

Mon âme dans sa nuit redit ta gamme immense ;
Je frissonne à tes bruits d’orage ou de clémence,
Vivant psaltérion ;
Sur ma lyre, qu’émeut l’esprit des Zoroastres,
Les sept notes jadis tombèrent des sept astres
Du bleu septentrion.