Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/343

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Nos bals sont mordus par la meute
De tous ces dogues de la nuit.


II


Est-ce que les brumes augmentent ?
L’homme est de raison indigent
S’il se livre à ces clercs qui chantent
Au Dieu juste un hymne outrageant.

Il faut être de bonne pâte
Pour se figurer que les rois
Sont sacrés, et que Dieu se hâte
Au moindre appel de leurs beffrois ;

Et qu’il dit, laissant ses affaires,
Les cieux, l’abîme à diriger,
L’ombre et la conduite des sphères :
— Diantre ! Tibère est en danger !

Être l’homme, et suivre la buse !
Croire, après un sermon peu neuf,
Que Dieu n’est qu’un porte-arquebuse
Debout derrière Charles neuf !

Il faut être inepte, ô Voltaire,
Pour dire : c’est vrai, l’élément
Et l’astre aperçoivent sur terre
Louis quinze distinctement.

Il faut être naïf pour croire
Que Dieu se plaît à châtier,
Et qu’Iblis, la grande âme noire,
Aidé par un arbre fruitier,

Invente la place de Grève,
Les pédants, le code civil,