Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/346

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IV


Le carnaval n’est point un crime.
Jamais mon esprit ne croira
Qu’on tombe à l’éternel abîme
Par les trappes de l’Opéra.

Que Dieu se fâche de la joie,
C’est peu probable ; et je suis sûr,
Quand sur nos fronts l’amour flamboie,
Que quelqu’un sourit dans l’azur.

Quand Lise, au plaisir décidée,
Drape son burnous nubien,
Et court au bal, j’ai dans l’idée,
Que l’infini le prend très bien.

Je crois peu, dans ma petite ombre,
Qu’être gais, ce soit être ingrats,
Et que le Dies irae sombre
Ait pour masque le mardi gras.

Je doute que, cachant son glaive,
Michel, l’effrayant chérubin,
Pour voir où Musard entraîne Ève,
Loue un costume chez Babin.


V


Ces erreurs, nuage durable,
Obscurcissent la terre, et font
Que l’âme humaine est misérable
En présence du ciel profond.