Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/347

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Ces védas, ces métempsychoses,
Abrutissent l’homme transi ;
Donc les champs sont de belles choses,
Et la danse aux flambeaux aussi !

Quand mon archevêque me damne
Pour une tranche de jambon,
Et me maudit, j’aime mieux Jeanne,
Meilleure preuve d’un Dieu bon.

J’aime mieux rêver sous les saules
Que de lire les mandements
De monsieur le primat des Gaules
Contre les poulardes du Mans.

Je trouve charmantes les belles ;
Et je préfère la gaîté
Des Margots et des Isabelles,
À Santeuil hurlant : Stupete !
Je répugne aux vieux dogmes tristes ;
Je veux, en deux efforts égaux,
Tirer l’art des mains des puristes
Et Dieu des griffes des cagots.

Je hais les Césars et les Romes ;
Ma sagesse, en ces temps railleurs,
C’est beaucoup d’amour pour les hommes,
Beaucoup de pitié pour les fleurs.

Je donnerais dix rois de France
Et vingt sultans de Dahomey
Pour ôter au pauvre une transe,
Une nuée au mois de mai.