Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/120

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XX GROS TEMPS LA NUIT



Le vent hurle ; la rafale
Sort, ruisselante cavale,
Du gouffre obscur,
 
Et, hennissant sur l'eau bleue,
Des crins épars de sa queue
Fouette l'azur.

L'horizon, que, l'onde encombre,
Serpent, au bas du ciel sombre
Court tortueux ;
Toute la mer est difforme ;
L'eau s'emplit d'un bruit énorme
Et monstrueux.

Le flot vient, s'enfuit, s'approche,
Et bondit comme la cloche
Dans le clocher,
Puis tombe, et bondit encore ;
La vague immense et sonore
Bat le rocher.
L'océan frappe la terre.
Oh ! le forgeron Mystère,
Au noir manteau,
Que forge-t-il dans la brume,
Pour battre une telle enclume
D'un tel marteau ?