Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/129

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Cependant, à travers ces visions-de nuit,
Nos quatre ardents chevaux, dans la poudre et le bruit,
Couraient en secouant leurs sonnettes de cuivre,
Et les chiens aboyants s'essoufflaient à les suivre.

Quand le matin des cieux vint bleuir le plafond,
A l'heure où le regard voit, dans l'éther profond,
Pencher vers l'horizon les sept astres du pôle,-
Elle laissa tomber son front-sur mon épaule,
Et s'endormit; et nous, nous parlions; nous disions
Que, si la Poésie, aux yeux pleins de rayons,
Comme la-Foi sa soeur, règne sur l'âme humaine,
La Sculpture; payenne, a la chair pour domaine;
Car du génie ancien cet art a le secret;
Et, comme Phidias, Jean Goujon adorait
Diane, la déesse aux longs cheveux d'ébène,
Dont les flèches, troublant la montagne thébaine,
Chassent le daim fuyard qui saute le fossé
Et guette, sur ses pieds de derrière dressé.

Juin 1830 ==