Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/138

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XXXIII Dans les ravins==



Dans les ravins la route oblique
Fuit -Il voit luire au-dessus d'eux
Le ciel sinistre et métallique
A travers des arbres hideux.

Des êtres rôdent sur les rives;
Le nénuphar nocturne éclôt;
Des agitations furtives
Troublent l'herbe, rident le flot.

Les larges estompes de l'ombre,
Mêlant les lueurs et les eaux,
Ébauchent dans la plaine sombre
L'aspect monstrueux du chaos.

Voici que les spectres se dressent.
D'où sortent-ils? que veulent-ils?
Dieu! de toutes parts apparaissent
Toutes sortes d'affreux profils!

Il marche. Les heures sont lentes.
Il voit là-haut tout en marchant
S'allumer ces pourpres sanglantes,
Splendeurs lugubr`es du couchant.

Au loin, une cloche, une enclume,
Jettent-dans l'air leurs faibles coups.
A ses pieds flotte. dans la brume
Le paysage immense et doux.