Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/137

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Ne vous croyez ni grand, ni petit! Contemplez.
Asseyez-vous le soir sous les cieux étoilés,
Sur le penchant d'un mont, près de la mer profonde.
Voyez s'évanouir les écumes sur l'onde;
Voyez sortir des flots les constellations;
Regardez trembler l'algue et fuir les alcyons;
Écoutez les bruits sourds qu'on entend dans cette ombre;

De vos ans écoulés rappelez-vous le nombre;
Laissez votre âme, en deuil de la fuite des jours,
Se fondre au souvenir de vos jeunes amours;

Pleurez, tandis que l'eau murmure sur la grève;
Et puis, songez à Dieu, qui regarde et qui rêve,
Toujours clément, toujours penché, toujours veillant,

À Dieu qui du même oeil égal et bienveillant
Voit la comète ouvrant sa flamboyante queue,
Et l'humble oiseau perdu dans l'immensité bleue.

28 juillet 1846. ==