Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/242

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Que les éclairs soient les augures,
Que le vrai sorte du plaintif,
Que les fléaux, sombres figures,
Disent le mot définitif,
Je ne le crois pas ! Vents farouches,
Nuits, flots, hivers, enflez vos bouches,

Tordez ma robe dans mes pas,
Étendez vos mains sur moi, faites
Tous vos serments dans les tempêtes,
Ténèbres, je ne vous crois pas !

Je crois à toi, jour ! clarté ! joie !
Toi qui seras ayant été,
A toi, mon aigle, à toi, ma proie,
Force, raison, splendeur, bonté !
Je crois à toi, toute puissance !
Je crois à toi, tôute innocence !
Encore à toi, toujours à toi !
Je prends mon être pierre à pierre ;
La première est de la lumière,
Et la dernière est de la foi !

Dieu ! sommet ! aube foudrôyante !
Précipice serein ! lueur !
Fascination effrayante
Qui tient l’homme et le rend meilleur !
De toutes parts il s’ouvre, abîme.
Quand on est sur ce mont sublime,
Faîte où l’orgueil toujours s’est tu,
Cime où.vos instincts vous entraînent,
Tous les vertiges qui vous prennent
Vous font tomber dans la vertu.

Donc laissez-vous choir dans ce gouffre,
Vivants ! grands, petits, sages, fous,
Celui qui rit, celui qui souffre,