Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/257

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Ô gloire, les héros, les esprits souverains,
Les poëtes profonds, lumineux et sereins,
Les grands législateurs et les grands capitaines, -
Font sur tes clairs sommets leurs demeures hautaines.
Hôtes du palais bleu sans porte et sans chemin,
Au-dessus du tumulte et du chaos humain,
Ils brillent comme l’astre ou planent comme l’aigle.
Car toute âme a son but, son champ, sa loi, sa règle,
Et, selon qu’un instinct bon ou mauvais nous luit,
Quand l’un vole à l’azur, l’autre court à la nuit.
O sombre Ignominie au front bas, aux yeux ternes,
Les gredins monstrueux habitent tes cavernes.
Ils sont tous là, cachés, ces éternels filous !
Loups à visage humain, gueux au profil de loups,
Ceux-ci, vils fainéants qui rôdent pleins de haine,
Traînant leur lâche coeur comme on traîne une chaîne,
Sans toit, sans. pain, sans Dieu ; ceux-là, riches oisifs,
Sceptiques par fatigue et par ennui lascifs,
Tous. sans foi, sans élan, sans courage, sans flamme,
Envieux d’un gros sou comme d’une grande âme,
Rampants, hideux, exclus, damnés, grinçant des dents,
Ils regardent la vie avec des yeux ardents.