Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/259

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LIV LE MAL


L’optique.
N’a-t-il pas ses aspects et ses illusions ?
Et d’ailleurs pense donc, songeur, aux visions...
Que dans l’ombre à travers le verre des lunettes,
Peuvent en s’approchant se donner deux planètes ?
Tu, rencontres le mal. Qui te dit qu’il te suit ?
Est-ce que par hasard deux mondes dans la nuit
Ne peuvent point passer l’un à côté de l’autre
Sans troubler l’astronome et dérouter l’apôtre ?

Le grand Un, le grand Tout, l’être où Thalès plongeait,
Entrecroise le monde esprit au monde objet,
Et mêle, en l’unité de ses lois inflexibles ;
Des orbites moraux aux orbites visibles ;
Dans l’idéal ainsi que dans le lumineux
Les phénomènes, noirs ou brillants, font des noeuds ;
Il n’est qu’un tisserand, qui ne fait qu’une toile ;
La vérité n’est pas moins astre que l’étoile ;
Un soleil n’est pas plus centre qu’une vertu.

Donc, représente-toi, songeur des vents battu,
Des ensembles de faits moraux, sombres problèmes
Ayant leur raison d’être et l’ayant en eux-mêmes,
Dans un système au cours des planètes pareil,
Tdurnant autour de Dieu comme autour d’un soleil.
Ô