Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/69

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Quinze cents ans avaient fait sur l'homme la nuit;
Le vieux monde était là, de ténèbres construit,
Babel aux spirales sans nombre;
La Révolution cria: finissons-en!
Et d'un seul coup, ce spectre au pied de paysan
Fit écrouler toute cette ombre.
 
La Révolution, qui vint à pas bruyants,
Bras nus, pieds nus, sortait des siècles effrayants
De la torture et du malaise;
Elle saignait encor quand elle triomphait;
C'est du bois du gibet des peuples que Dieu fait
Les sabots de Quatrevingt-treize