Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/102

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III Vois-tu, mon ange,


Vois-tu, mon ange, il faut accepter nos douleurs.
L'amour est comme la rosée
Qui luit de mille feux et de mille couleurs
Dans lombre où l'aube l'a posée.
Rien n'est plus radieux sous le haut firmament;
De cette goutte d'eau qui. rayonne un moment
N'approchez pas vos yeux que tant de splendeur charme;
De loin, c'était un. diamant,
De près, ce n'est plus qu'une larme.

Souffrons, puisqu'il le faut. Aimons et louons Dieu!
L'amour, c'est presque toute l'âme.
Le Seigneur aime à voir brûler sous le-ciel bleu
Deux coeurs, mêlant.leur double flamme.
Il fixe sur-nous tous son oeil calme et clément,
Mais parmi ces vivants qu'il voit incessamment
Marcher, lutter, courir, récolter ce qu'ils sèment,
Dieu regarde plus doucement
Ceux qui pleurent parce qu'ils aiment!

I0 janvier 1835.

IV Ce qu'en vous voyant si belle