Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/114

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Je sentais, ame saisie
Dans les cieux par un pinson,
S'effeuiller ma poésie
Que becquetait sa chanson.
 
Elle me disait: -Écoute,
C'est mal, tu me dis vous! fi! -
Et la main se donnait toute
Quand le gant m'aurait suffi.

Me casser pour elle un membre,
C'était mon désir parfois.
Un jour je vins dans sa chambre,
Nous devions aller au bois,

Je comptais la voir bien mise,
Chaste comme l'orient;
Elle m'ouvrit en chemise,
Moi tout rouge,-elle riant.

Je ne savais que lui dire,
Et je fus contraint d'oser;
Je ne voulais qu'un sourire,
Il fallut prendre un baiser.

Et ma passion discrète
S'évanouit sans retour;
C'est ainsi que l'amourette
Mit à la porte l'amour.

12 avril 1855.

== XIII