Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/119

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XVI COMMENCEMENT D'UNE ILLUSION


Il pleut ; la brume est épaissie ;
Voici novembre et ses rougeurs,
Et l'hiver, effroyable scie
Que Dieu nous fait, à nous songeurs.

L'abeille errait, l'aube était large,
L'oiseau jetait de petits cris,
Les moucherons sonnaient la charge
À l'assaut des rosiers fleuris.

C'était charmant. Adieu ces fêtes,
Adieu la joie, adieu l'été !
Adieu le tumulte des têtes
Dans le rire et dans la clarté !

Adieu les bois où le vent lutte,
Où Jean, dénicheur de moineaux,
Jouait aussi bien de la flûte
Qu'un grec de l'île de Tinos !

Il faut rentrer dans la grand'ville
Qu'Alceste laissait à Henri ;
Où la foule encor serait vile
Si Voltaire n'avait pas ri.

Noir Paris ! tas de pierres morne
Qui, sans Molière et Rabelais,
Ne serait encor qu'une borne
Portant la chaîne des palais !