Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/212

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V MAUVAISES LANGUES


Un pigeon aime une pigeonne.
Grand scandale dans le hallier
Que tous les ans mai badigeonne.
Une ramière aimé un ramier.

Leur histoire emplit les charmilles.
Par les leurs ils sont compromis.
Cela se voit dans les familles
Qu’on est entouré d’ennemis.

Espionnage et commérage.
Rien ne donne plus d’âcreté,
De haine, de vertu, de rage
Et de fiel, qu’un bonheur guetté.
Que de fureur sur cette églogue !
L’essaim volant aux mille voix
Parle, et mêle à , son dialogue
Toutes les épines des bois.

L’ara blanc, là mésange bleue,
Jettent des car, des si, des mais,
Où, les gestes des hoche-queue.
Semblent semer des guillemets :

« — J’en sais long sur la paresseuse,
Dit un corbeau, juge à mortier.
— Moi, je connais sa blanchisseuse.
— Et moi, je connais son portier.