Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/247

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ches !
Que de femmes vont dire :. Adorable seigneur !
Vous avez tout, jeunesse, et richesse, et bonheur ;
Tout est pour vous, bosquets fleuris, tendres trophées,
C’est bien. On vous dirait habillé par les fées,
Et vous êtes toujours au bal un des premiers
Riez. — Un jour les ans viendront, lourds costumiers ;
Maladie et vieillesse, habilleuses sinistres,
Éteindront vos regards sous d’affreux cercles bistres,
Vous ôteront la grâce, et vous mettront,, ô deuil !
Un dôme sur le dos, une loupe sur l’œil,
Une bouche sans dents qui dira : soyons sage !.
Un gros nez, un gros ventre, et sur ce frais visage,
Doux, superbe, adoré de toutes nos houris,
Un vieux masque obstrué d’un buisson de poils gris.
Alors, désespéré, tordant vos mains fiévreuses,
Fuyant les miroirs pleins de visions affreuses,
Aussi lugubre à voir que vous étiez charmant,
Sans pouvoir arracher votre déguisement,
Domino ridicule et chassé des quadrilles,
Voyant les beaux garçons sourire aux belles filles,
Vous irez, trouble fête, errer au milieu d’eux,
Jusqu’à ce que ce spectre, autre masque hideux,
Sans nez, sans yeux, montrant toutes ses dents sans rire,
Qui vient nous chercher tous et par le bras nous tire,
Vous jette un soir, d’un coup de sa fourche de fer,
Dans ce noir carnaval qu’on appelle l’enfer !

Elle, c’est le printemps ; pluie et soleil ; je l’aime ;
Je m’y suis fait.
Un jour, elle me dit :
-Quand même
On est tout seul, les bois sont doux. Les belles eaux !