Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/308

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Que des oiseaux de proie et des oiseaux de nuit!
Vous étiez l'Allemagne et vous êtes la Prusse!
Hélas!

S'il existait, pour que j'y comparusse,
Un tribunal de rois, fier, auguste, hideux,
Présidé par ton spectre, ô noir Philippe-deux,
Un sombre. aréopage où siégerait Tibère,
Je dirais: Est-ce là que Satan délibère?
Et j'entrerais. Pourquoi? Pour leur dire: ceci:

-Je ne suis qu'un passant, moi qui.vous parle ici,
Mais regardez-moi bien, vous tous, césars de Rome,
Maîtres du monde, rois, papes, je suis un homme.
Ce que je veux, je viens-vous le crier: Je veux
La paix -pour nous, pour vous, pour nos derniers neveux;
Je veux le vrai, le beau, la fraternité, l'âme
De-Dieu même, l'Amour, ce rayon, cette flamme
 
Formidable, éclairant le bien, brûlant le mal,
Éblouissant tout, l'homme ainsi que l'animal,
Versant la vérité, la douceur, la clémence,
Et visible au plus haut des cieux dans l'ombre immense!
Je veux rouvrir l'éden à tous les grands souhaits;
Je veux la vérité, la justice, et je hais
Les fourbes, les tyrans, les traîtres, les transfuges,
Et c'est moi l'accusé, puisque c'est vous les juges.