Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/316

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Son nom faire partout frémir toutes les voix,
Et les passants marcher sur César misérable,
Fais place, âpre justice, au pardon vénérable,
Ou du moins, si c'est trop de pardonner, permets
Que ma colère en feu reste sur les sommets,
Et ne descende. pas à frapper ce cadavre.
Laisse-moi me tourner vers tout ce qui me navre,
Vers ceux qui maintenant sont puissants, et qui font
Pencher la France au bord de la chute sans fond.
Je lutte, ô Vérité, mais jamais je n'accable.
Le coeur persévérant n'est point l'âme implacable.
L'écrasement de qui n'est plus est puéril.
Le tort ne suffit pas, il me faut le péril.
Pour ceux-là seulement mon courroux est tenace
Qui dans la main ont l'arme et dans l'oeil la menace,
Et dans mon dédain calme et pensif j'engloutis
Les monstres, s'ils sont morts, ou bien s'ils sont petits.
La foudre veut un but, et se trouve inutile
Sur l'hydre inanimée ou l'acarus reptile,
Et le noir justicier, sur les cimes frappant,
Laisse vivre le ver et pourrir le serpent.