Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/343

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royauté! ==



Ô royauté! tàs d'ombre! amas d'horreur, d'effroi;
De crime, formidable au peuple, puis au roi,
Aveuglant les yeux qui le voient,
Plein de spectres, semblable aux visions d'Endos!
On n'y distingue rien qu'une couronne d'or
Dont les vagues fleurons flamboient.

Tempête d'ignorance, et de haine, et de nuit,
Où se heurtent chevaux, hommes, glaive qui luit,
Canon grondant, clairon sonore! -
Brume affreuse, pareille aux faces du tombeaù,
Qui fait, comme une bouche éteignant un flambeau,
Souffler l'ouragan sur l'aurore!
 
Lourd nuage, épandu sur les siècles tremblants,
D'où, quand il a pesé sur l'homme deux mille ans,
Et sur le peuple, flot qui roule,
On voit, après le bruit que fait un tombereau,
Sortir soudain le poing sinistre du bourreau
Montrant une tété à la foule!