Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/351

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Vous prend pour avocats, ô penseurs, lorsqu'il ose
Vous porter son dossier, vous charger de sa cause,
Je suis content de vous si votre plaidoyer,
Justes historiens, consiste à foudroyer.

Toute explication d'un monstre l'atténue;
Je veux la perfidie immonde toute nue.
Le scélérat montré sans voile à tous les, yeux.
Donne un frisson meilleur et m'épouvante mieux.
Pour de certains forfaits clémence est connivence.
Quand dans l'intérieur d'un grand crime j'avance,
Quand dans l'ombre un cadavre auguste est découvert,
Quand il s'agit du flanc de ma mère entr'ouvert,
Quand l'impur ouvrier-.d'une exécrable trame,
Monk livrant un pays, Deutz livrant. une femme,
Coriolan, Leclerc, Pichegru,, m'apparaît,
Quand j'entre dans cette âme et dans cette forêt,
Je tremble, et je veux être, à cette approche noire,
Averti,par le cri terrible de l'histoiré.

Devant l'affront, devant, le traître à son puys,
O deuil! devant les champs paternels envahis,
Devant le râle affreux des cités violées,
Devant le sang versé pour rien dans les mêlées,
Si facile qu'on soit au pardon, non! jamais!
Il faut punir! Devant Baylen, devant Metz,
C'est pour la France en pleurs que notre cceur se serre,
La, lapidation publique est nécessaire;
Aux pavés, tous! frappons! et que l'écrasement
Du bandit soit sous l'ombre et les pierres fumant!
Pas de grâce! il faut être ou vèngeur ou complice;
Et quiconque n'est pas du crime est du suppliée.
Hélas!