Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/94

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LI Le vieillard


Le vieillard chaque jour dans plus d'ombre s'éveille.
A chaque aube il est mort un peu plus que la veille.
La vie humaine, ce noeud vil,
Se défait lentement rongé par l'âme ailée;
Ce sombre oiseau lié veut prendre sa volée
Et casse chaque jour un fil.

Ô front blanc qu'envahit la grande nuit tombante,
Meurs! -Tour à tour sa voix, sa force succombante,
Son oeil où décroît l'horizon
S'éteignent, -ce sera mon destin et le vôtre! -
Comme on voit se fermer le soir l'une après l'autre
Les fenêtres d'une maison.