Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/30

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Quel abîme creuse
Leur croissance affreuse !
On voit, radieux,
Sur la terre en cendre,
Ces démons s’étendre
Et grandir ces dieux ;
 
Ils sont sur le faîte ;
Dante les arrête
De son poing d’acier,
Et les rapetisse ;
Dieu pour sa justice
Fit ce justicier.

Quand s’ouvre le gouffre,
Quand le peuple souffre
Sous d’impurs vainqueurs,
Cet énorme câble,
La haine implacàble,
Soutient tous les coeurs.

Des gueux ont des mondes ;
Des Césars immondes,
Sous leurs pieds ayant
La loi, leur victime,
Ajoutent au crime
Un rire effrayant.

J’envoie à leurs fêtes
Mes hymnes tempêtes
Luire et flamboyer,
Et mon âme est haute
Quand l’éclair mon hôte
Sort de mon foyer.