Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/307

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Je m’arrêtai. C’était un ravin très étroit
Avec des toits au fond sur qui le lierre croît.
Tu sais, j’aime beaucoup ces choses: une ferme
Où se meut tout un monde et qu’un vieux mur enferme,
Des vaches dans un pré, l’herbe hàute, un ruisseau,
Un dogue sérieux allongeant le museau,,
Des enfants dans du pain mordant à pleines, joues,
Des poules; me voilà content. De vieilles roues
Dans un coin. Qu’un bouvier siffle et qu’un arbre au vent
Tremble, et je reste là jusqu’à la nuit, rêvant.
Une eau vive courait, et des fleurs sur la berge
Brillaient, et je disais : - Si c’était une auberge,
Comme j’y logerais! comme j’y mangerais
Du pain bis, de la soupe aux choux, et des oeufs frais !
Dans cette basse-cour quelles charmantes fêtes !
Comme je-passerais mes jours avec ces bêtes !
Comme je me ferais de Suzon Atala !
Comme je causerais avec ce gros chien-là !

IX Jadis, adolescent,


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