Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/338

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Saint-Valéry-en-Caux, 17 juillet [1836]

Un jour que mon esprit de brume était couvert,
Je gravis lentement la falàise au dos vert,
Et puis je regardai quand je fus sur la cime.
Devant moi l’air et l’onde ouvraient leur double abîme.
Quelque chose de grand semblait tomber des cieux.
Le bruit de l’océan, sinistre et furieux,
Couvrait de l’humble port les rumeurs pacifiques.
Le soleil, d’où pendaient des rayons magnifiques,
A travers un réseau de nuages flottants,
S’épandait sur la mer qui brillait par instants.
Le vent chassait les flots où des formes sans nombre
Couraient. Des vagues d’eau berçaient des vagues d’ombre.

L’ensemble était immense et l’on y sentait Dieu.

== XXXIII