Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/364

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A son ascension pouvait mettre une .borne.
On frémit d’entrevoir son intérieur morne ;
Il est si noir qu’un astre y serait à tâtons ;
Des chutes de muraille ont entre les frontons
Creusé des profondeurs qui font inaccessibles
D’affreux colosses; pris par la foudre pour cibles.
Le seuil porte deux tours qui sont deux chandeliers.
Ce spectre est loin., Un dôme; un. chaos d’escaliers,
Des terrasses, des ponts, prennent vaguement forme
Dans ce blêmissement d’architecture énorme
Montant confusément derrière l’horizon.
Et comme on voit, au bord du toit d’une maison
S’abattre, à la saison des fleurs, à tire-d’aile,
Les pigeons au pied rose ou la vive hirondelle,
Sur son entablement funèbre aux trous profonds,
Viennent du fond du ciel se poser les griffons,
Les hippogriffes noirs, les sphinx volants des rêves
Dont les plumes sans plis ressemblent à des glaives,
Le dragon, sous son, ventre étouffant des éclairs,
L’aigle d’apocalypse, et les . larves des airs,
Et les blancs séraphins, qu’une aile immense voile,
Farouches, arrivant fatigués d’une étoile.