Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/455

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Qui félicite l’être effrayant d’être noir, ’
Qui fais le sphynx camus avec mon encensoir !
Qu’a-t-elle donc de beau cette création,
Et de pur, de charmant, d’heureux, pour qu’on l’admire ?
Quoi donc ! devant Adam faut-il brûler la myrrhe,
Louer ses passions, ses vices, sa laideur,
Ses vils instincts qui, font décroître la pudeur
Dans la femme, et qui font croître en l’homme la honte ?
Et si je plonge au bas du gouffre, ou si je monte
Dans ce faux éiel béat bâillant plus qu’il ne rit,
Que veux-tu que je pense, homme, quand mon esprit,
Comparant le démon rampant que l’enfer noie,
Et l’ange coassant dans son marais de joie,
Va de ce saurien à ce batracien ?