Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/52

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Que tout ce qu’il a fait d’iniquités égale
La quantité
D’astres qu’on voit aux cieux quand chante la cigale,
Les soirs d’été ;

Rouler dans mon esprit la sanglante besogne
Du boulevard,
Et Morny, puis. Troplong 20, aller de cet ivrogne
A ce bavard ;

Puebla, Mentana ; Compiègne, son opprobre,
Ses jeux, ses goûts ;
Les meurtres plus nombreux que les mouches d’octobre
Dans les égouts ;

Le pontife sans foi, l’apôtre sans doctrine,
Abject semeur,
C’est tout cela qui fait sortir de ma poitrine
L’âpre clameur !

C’est tout cela qui fait que ma colère gronde
Profondément,

Et que l’écueil n’est pas sous les affronts de l’onde
— Plus écumant ;

C’est tout cela qui. fait que ma strophe aux cent bouches,
Pleine d’effrois,..
Ressemble au hallier sombre où des. bêtes farouches
Mêlent leurs voix,

Je suis l’avertisseur terrible qui se dresse,
L’avant-coureur ;
Et mes vers n’ont.pas moins de haine vengeresse,
Pàs moins d’horreur